S’ouvre dans un nouvel onglet

Lagunage : fonctionnement, surface et limites de l’épuration naturelle

Bassins, algues et bactéries aérobies : comment le lagunage épure les eaux usées des petites communes, quelle surface il demande, quand curer les lagunes, et pourquoi ce n’est pas une filière pour une maison.

Le bon traitement pour votre installation

Choisissez votre installation : nous calculons le traitement et la quantité adaptés.

Faire le diagnostic →

Qu’est-ce que le lagunage ?

Le lagunage est un procédé d’épuration des eaux usées qui reproduit, en l’organisant, ce que fait la nature dans un étang. Les eaux traversent lentement plusieurs bassins successifs. Sous l’effet du soleil, de l’oxygène et des micro-organismes, la pollution organique est progressivement dégradée, les matières se déposent et l’eau ressort clarifiée.

On distingue trois grandes variantes :

  • Le lagunage naturel, le plus répandu : généralement trois bassins en série, sans apport d’énergie.
  • Le lagunage aéré : des aérateurs mécaniques apportent de l’oxygène, ce qui réduit la surface nécessaire mais consomme de l’électricité.
  • Le lagunage à macrophytes : des plantes aquatiques (roseaux, joncs…) complètent le traitement dans un ou plusieurs bassins.

Algues, bactéries aérobies et temps de séjour

Le cœur du lagunage naturel est une association entre deux types d’organismes :

  • les algues microscopiques, qui utilisent la lumière du soleil et produisent de l’oxygène par photosynthèse ;
  • les bactéries aérobies, qui utilisent cet oxygène pour dégrader la matière organique et rejettent du gaz carbonique, que les algues consomment à leur tour.

Le guide d’exploitation de l’EPNAC (2018) décrit ainsi le lagunage comme un « traitement biologique aérobie, par culture libre ». Ce mécanisme a besoin de temps : l’eau séjourne environ 60 jours dans l’ensemble des bassins, d’une profondeur d’environ 1 m. Au fond, une couche de boues se forme, où la dégradation se poursuit plus lentement, sans oxygène.

C’est le même principe que celui sur lequel reposent les traitements biologiques aérobies : plus les bactéries disposent d’oxygène, plus la dégradation est complète et moins elle dégage d’odeurs. Notre guide bactéries aérobies ou anaérobies détaille cette différence.

Pour qui ? Petites communes, campings, sites isolés

Le lagunage naturel convient aux petites collectivités rurales qui disposent de terrain. Le Département de Seine-et-Marne le recommande pour moins de 500 à 600 équivalents-habitants ; l’EPNAC évoque des installations jusqu’à 1 000, voire 2 000 habitants. On le trouve aussi dans des campings, des villages de vacances ou des sites isolés, où sa sobriété énergétique et sa simplicité d’exploitation sont appréciées.

Quelle surface prévoir ?

Le lagunage est gourmand en espace. Les repères publiés par les collectivités :

  • Seine-et-Marne : globalement 20 m² par équivalent-habitant, dont 10 à 15 m² pour les ouvrages de traitement ;
  • Eaux de Vienne : environ 10 m² par habitant pour les bassins.

Pour une commune de 300 habitants, il faut donc compter plusieurs milliers de mètres carrés, sans compter les abords et les accès.

Performances : ce qu’on peut attendre

La fiche technique de Seine-et-Marne (2022) indique des niveaux de rejet de l’ordre de 35 mg/l de DBO5, 125 mg/l de DCO et 150 mg/l de matières en suspension, et qualifie les performances d’« assez modestes » par rapport aux boues activées ou aux filtres plantés de roseaux. Les matières en suspension en sortie sont souvent des algues. Les rendements varient aussi avec les saisons : la photosynthèse ralentit en hiver.

Le curage des lagunes

Les boues s’accumulent au fond du premier bassin. L’EPNAC recommande un curage environ tous les 10 ans, à déclencher lorsque les boues occupent 25 à 35 % du volume utile. Dans le bassin Loire-Bretagne, la DDT de la Mayenne rappelle que le SDAGE 2016-2021 imposait une périodicité ne pouvant excéder huit ans, et donne un ratio d’accumulation d’environ 0,12 m³ par équivalent-habitant et par an, soit environ 2 cm par an.

Le curage est une opération lourde : vidange ou pompage, évacuation et valorisation des boues (souvent par épandage agricole encadré). Ralentir l’accumulation des boues organiques entre deux curages est l’un des enjeux d’exploitation des lagunes ; notre page eaux usées et industrie présente l’approche biologique que nous proposons aux collectivités.

Un lagunage pour une maison : est-ce autorisé ?

Certains articles présentent le « lagunage individuel » comme une alternative écologique à la fosse septique. Attention : le guide d’information ministériel sur l’assainissement non collectif (2012) décrit huit familles de filières, et le lagunage n’en fait pas partie. Le portail ministériel de l’ANC liste, parmi les dispositifs agréés, des filtres compacts, des filtres plantés et des micro-stations, mais pas de lagunage.

Pour un particulier, un projet de lagunage est donc une solution dérogatoire, qui suppose l’accord du SPANC et une étude spécifique. Dans la plupart des cas, une filière classique ou un dispositif agréé sera exigé. Pour choisir, lisez notre comparatif micro-station ou fosse septique.

Avantages et inconvénients

Avantages Inconvénients
Très faible consommation d’énergie (lagunage naturel) Grande emprise au sol
Exploitation simple, peu de mécanique Performances modestes, variables selon la saison
Bonne tolérance aux variations de charge Curage lourd tous les 8 à 10 ans
Bonne intégration paysagère Risque d’odeurs si les bassins sont surchargés ou mal entretenus

Questions fréquentes

Quelle surface pour 5 personnes ?
Selon les ratios publiés, de l’ordre de 50 à 100 m² de bassins, mais le lagunage n’est pas une filière prévue pour une maison individuelle.

Un lagunage sent-il mauvais ?
Bien conçu et bien entretenu, il dégage peu d’odeurs. Les odeurs apparaissent quand les bassins manquent d’oxygène : surcharge, boues trop abondantes, périodes chaudes.

Combien de bassins ?
Le plus souvent trois bassins en série pour un lagunage naturel.

Quand curer ?
Environ tous les 8 à 10 ans, quand les boues occupent 25 à 35 % du volume utile du premier bassin.

Sources : Département de Seine-et-Marne, fiche technique 6 « Lagunage » (août 2022) ; EPNAC, guide d’exploitation du lagunage (2018) ; DDT de la Mayenne, curage des lagunes ; Eaux de Vienne, épuration par lagunage ; Ministères de l’Écologie et de la Santé, ANC – Guide d’information sur les installations (2012) ; portail de l’ANC, dispositifs agréés.

Passer à l’action

Ce guide correspond à votre installation ? Découvrez la solution adaptée, ou laissez le diagnostic calculer le bon dosage.

Le Guide

À lire aussi

Tous les guides →